Problem

La France est le siège d'un véritable paradoxe en matière de vaccination : numéro 1 en recherche et développement ainsi qu'en terme de production de vaccins, elle est pourtant bien en retard au niveau des couvertures vaccinales de sa population par rapport à ses pays voisins. Ce retard peut venir certes de l'organisation et de la mise en oeuvre de la politique vaccinale, mais aussi des mentalités et des idées reçues sur les vaccins et la vaccination. En effet, en 2014 près d'un Français sur 3 déclarait « ne pas avoir confiance dans les vaccins » alors qu'en 2005, 9 personnes sur 10 avaient une opinion favorable à la vaccination selon l’Observatoire Sociétal du médicament. Cette défiance se dégrade chaque année et est entretenue par les médias, particulièrement Internet avec la présence forte des ligues anti-vaccinales. C'est le succès même de la vaccination qui est remis en cause. Le seuil de protection défini par les objectifs de santé publique n'étant pas atteint des épidémies ressurgissent comme c'est le cas pour la rougeole, maladie qui pourrait être complètement éradiquée par la vaccination. Il n'est pas facile de nos jours de convaincre de l'importance de la vaccination puisqu'elle ne guérit pas mais protège un individu en bonne santé contre une possible maladie : son efficacité repose donc sur un "non-événement". En outre, il existe des recommandations et des obligations particulières en matière de vaccination pour les professionnels de santé. L’objectif est double : leur éviter de contracter les maladies auxquelles ils pourraient être exposés mais aussi réduire la transmission de ces maladies en particulier à leurs patients les plus vulnérables. ? Si le taux de couverture vaccinale est supérieur à 90% pour les vaccinations obligatoires chez les infirmiers, il est en revanche inférieur à 50% pour les vaccinations recommandées. ? La couverture vaccinale pour la grippe saisonnière n'était que de 24% en 2009. Ce taux représente un facteur de risque bien identifié du fait de la proximité entre soignants et patients. Le Haut Conseil de santé publique explique l’insuffisance de la couverture vaccinale chez les infirmiers par « un manque à la fois de formation et d'information sur les vaccins et leur importance ». En effet, durant les études d'infirmiers, le contenu sur la vaccination est très restreint et les infirmiers ont donc parfois des idées fausses et simplistes sur la vaccination. De plus, comme tout le monde, ils peuvent être influencés par les idées répandues par les ligues anti-vaccinales dans les médias. Il n’en reste pas moins qu’un professionnel contaminé est professionnel contaminant ! Enfin, l’absence de vaccination doit également s’analyser en terme économique, la contamination ayant pour corolaire l’absentéisme chez les infirmiers salariés et une perte directe de revenus pour les infirmiers libéraux. Les comportements des professionnels de santé représentent un obstacle non négligeable à la vaccination de la population. Les infirmiers, et plus particulièrement les infirmiers à domicile ont un rapport de confiance avec leurs patients. Les infirmiers sont donc en capacité de convaincre leurs patients des bénéfices de la vaccination et de peser dans la décision de se faire ou non vacciner.

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