Problem

80% des femmes qui vivent en grande détresse à Uvira et Fizi sont d’origines diverses et leurs parcours sont multiples, congolaises de souche tombant dans la précarité, des réfugiées étrangères vivant dans les camps, femmes touchées par des pathologies psychiatriques ne bénéficiant pas d’un accueil spécialisé, femmes violées, femmes victime de grossesse précoce et non désirée, femmes qui vivent avec une fistule obstétricale pendant des longues années par manque des prise en charge efficaces femmes éprouvent de difficultés d'accéder aux soins de santé par manque de moyen financier. Depuis six mois, les sages-femmes volontaires du GVP-MASAR/RDC écoutent leurs histoires et tentent de soulager leurs souffrances physique et psychique. Mais plus encore elles redonnent à ces femmes une identité en les écoutant dans leur parole de femme. Ces femmes qui n’ont plus qu’un simple paquetage pour tout univers se laissent aller, à force d’écoute, à exprimer les blessures du corps sexué, les troubles des règles, les infections et les douleurs, les petits maux et les grandes questions comme la ménopause et ses troubles, la contraception, la grossesse et les problèmes qui en découlent, l’infertilité, la fistule obstétricale, le prolapsus utérin laissant trainer l’utérus hors du vagin depuis plusieurs années sont verbalisées dans nos consultations, la sexualité aussi, bien sûr et ses difficultés. Quand on vit dans la précarité, il n’est pas simple de trouver l’intimité nécessaire à la tendresse. Quand on vit dans la pauvreté, on est plus vulnérable face à la violence sexuelle. On aurait trop facilement tendance à penser que la précarité prive les individus de relation affective et que les médecins et les sages-femmes d’Uvira et de Fizi au sud-kivu et leurs spécialités ne sont pas les premières préoccupations des femmes qui font appel gratuitement au +243852204010. Que l’hébergement et les soins primaires sont à prendre en charge d’abord et que la consultation spécialisée des sages-femmes est de l’ordre du superflu. Et pourtant, comment se reconstruire en tant que femme si le corps n’est pas reconnu comme sexué dans sa souffrance ? Réaliser des frottis de dépistage chez ces femmes, des analyses de laboratoire, s’occuper de la contraception, des troubles des cycles, du désir de grossesse est fondamental sur un plan purement physique, mais c’est aussi une véritable aide psychologique. L’expérience menée par le GVP-MASAR/RDC en partenariat avec WAHA INTERNATIONAL de Paris depuis bientôt six mois pour faciliter à ces milliers de femmes à trouver une consultation et soins de santé gratuits est riche d’enseignements et demande à être étendue à d’autres associations de sages-femmes. L‘insuffisance des moyens ne permet malheureusement pas un suivi régulier des femmes qui présentent des pathologies de longue durée et qui ne peuvent pas être bien soignées dans nos centres d’Uvira et de Fizi. Avec l’appui que nous recevrons de la part de la FONDATION SANOFI ESPOIR, le GVP-MASAR/RDC compte signer un contrat de partenariat avec les hôpitaux de FIZI et Uvira pour prendre en charge les quelques cas référés dans leurs structures.

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