Problème

Depuis dix ans, les équipes saignantes de I'HMR, notamment les infirmières travaillent sur l'avancement des pratiques en matière de réduction de l'utilisation de la contention et de l'isolement. En 2005, Odette Roy, infirmière Ph.D., a coprésidé les travaux relatifs à l'élaboration du Programme national de formation « Vers un changement de pratique afin de réduire le recours à la contention et à l'isolement» (540 pages). Adopté en 2006 par le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec (MSSS) et déployé à l'ensemble des établissements du réseau de santé québécois. Ce programme fait figure de proue en matière de changement de pratiques dans les différents milieux cliniques. Ce programme basé sur le modèle de Kayser-Jones (1992) et des lignes directrices de Joanna Briggs lnstitute (2002a) recommandent essentiellement aux intervenants du milieu de se centrer sur les besoins de la personne et d'agir sur les différentes composantes de l'environnement dans le but d'éliminer l'utilisation de la contention physique. Pour obtenir ce résultat, le programme de formation, disponible en ligne www.msss.gouv.qc.ca ou http://intranetreseau.rtss.ca section documentation-Publications :présente plusieurs outils : une formation de sept (7) heures, un référentiel portant sur le : o processus de décision, o le changement de pratique, o la communication, o le consentement, o les soins et la surveillance. Dans ce programme, on retrouve également une série de problématiques cliniques les plus courantes sous forme de référentiels qui y sont abordés entre autres par le biais des croyances, de la pratique usuelle et des résultats probants..soient : le delirium l'agressivité les comportements perturbateurs les chutes, l'agressivité l'interférence aux traitements chez les adultes et chez les jeunes enfants. l'errance Un des référentiels s'intéresse à l'interférence aux traitements qui représente une des raisons les plus fréquemment évoquées pour la mise sous contention. Ce référentiel est accompagné d'un outil appelé « L'aide mémoire : Mesures de remplacement de la contention et de l'isolement » (2008) qui est aussi disponible en ligne. On y retrouve des interventions pour contrer l'utilisation de contention lors d'interférence aux traitements ainsi qu'un algorithme portant sur« Évaluation de la pertinence de l'utilisation de la contention physique chez la personne hospitalisée en soins intensifs » (traduction et adaptation de Vence (2003) par St-Pierre, L. (2005)) et une « Évaluation de la pertinence de l'utilisation de la contention en pédiatrie » (traduction et adaptation de Lambrinos & McArthur (2003) et Folius (2005) par Carrier, C. (2005)). Ce qui est original ici c'est que ce référentiel met en évidence la notion d'immobilisation thérapeutique qui peut être définie comme l'immobilisation passagère de la personne durant un court traitement (Hull et Clarke, 2010). Il faut retenir ici que l'acte d'immobiliser brièvement une personne pour des fins de traitement est très peu documenté dans les études et n'est pas reconnue comme étant une forme de contention. Cependant, à l'instar de recherches plus récentes (Jeffery, 2002 ; Brenner, 2007 ; Lai et Wong, 2008), il apparaît qu'il ne faudrait pas sous-estimer les conséquences néfastes de l'immobilisation thérapeutique, même brève, qu'elle peut provoquer chez le jeune enfant ou l'adolescent. En effet, à la lumière des études recensées par notre équipe de chercheurs et cliniciens et de l'expérience cliniques acquises, il apparaît que les infirmières et infirmiers ne reconnaissent pas le fait d'immobiliser un enfant pour un traitement ou soin dans un temps bref comme par exemple lors de l'installation d'une sonde ou au moment d'une ponction veineuse, constitue une immobilisation thérapeutique s'apparentant à une contention. D'après nos observations sur « le terrain », il semble que les infirmières et les infirmiers sont peu conscients de cette notion. Dans certaines situations, l'expérience clinique nous montre que les infirmières soucieuses d'éviter le stress aux parents, vont même jusqu'à leur recommander de s'éloigner au moment d'un traitement. Considérant les effets négatifs reliés à l'immobilisation thérapeutique vécus par les enfants et les adolescents tant sur les plans physique, psychologique et social, qui sont, rappelons-le, peu connus ou sous-estimés par les équipes de soins et aussi les infirmières, nous considérons qu'il est important de développer un programme de soins visant sa réduction en misant sur les mesures de remplacement efficaces à celles-ci -dans les situations cliniques ou l'immobilité est nécessaire pour effectuer une intervention ou un traitement. C'est dans ce contexte et en tenant compte de notre expérience clinique reconnu par nos pairs, des résultats d'étude et à titre d'équipe championne, de leaders et des résultats obtenus à ce jour1 dans ce changement de pratique que s'inscrit notre volonté de poursuivre le même cheminement afin d'atteindre des résultats similaires en ce qui a trait à la réduction de l'immobilisation thérapeutique chez les enfants et enfants-adolescents ou à une utilisation optimale de mesures de remplacements dans les situations exigeants une immobilité d'un enfant ou d'un adolescent.

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